MALI

Sauvegarde de manuscrits sub-sahariens de Djenné au Mali


CONTEXTE

Des trésors pour la culture universelle
Les manuscrits subsahariens sont la base des enseignements délivrés durant des siècles dans les villes telles que Tombouctou, Oualata ou Djenné. Ces grands foyers culturels ont hébergé et hébergent encore des écoles et des universités. Ils abordent des sujets aussi divers que l’astronomie ou l’agriculture, l’histoire ou le droit, la poésie ou la religion. Ils témoignent d’une culture basée sur l’échange et le partage qui a construit une érudition remarquable. Ainsi les textes anciens sont reproduits mais aussi commentés. Ces commentaires sont à leur tour étudiés et annotés.
Les cultures musulmanes d’Afrique de l’Ouest ont aussi produit de grands textes. Par exemple, la Charte du Mandé, élaborée au 13e siècle suite à la pacification de la région préfigure la déclaration universelle des droits de l’homme.

Des bibliothèques familiales 
Les manuscrits appartiennent pour la plupart à des clans familiaux. Certaines familles ont ainsi constitués des bibliothèques de plusieurs centaines, parfois milliers d’ouvrages. Certaines de ces bibliothèques se situent dans les villes, à Tombouctou, Gao ou Djenné et d’autres sont dans les villages ou encore sont emportées dans les bagages des tribus nomades.
Leurs étendues réelles sont méconnues, peu d’ouvrages sont numérisés ou catalogués. Les manuscrits sont en général stockés dans des boîtes en bois. Les conditions de conservation dans les maisons en banco ou à l’air libre sont précaires. L’humidité, le sable ou les parasites sont des facteurs de dégradation.

Devenir de ces manuscrits 
Les manuscrits subsahariens sont sous le coup de diverses menaces. Des dizaines de milliers de manuscrits des bibliothèques de Tombouctou ont été sauvés de la destruction par des actes héroïques et sont maintenant à Bamako. Le conflit dans le nord du Mali n’a pas directement touché Djenné, ville située plus au sud dans la boucle du Niger. Cependant les conséquences économiques de ce conflit touchent l’ensemble du pays et particulièrement les zones éloignées des grands centres tels que Djenné. La plus grande menace qui pèse aujourd’hui sur le patrimoine en général et sur les manuscrits en particulier, c’est la pauvreté.

PROJET

Les représentants de Maison de Sagesse au Mali pour ce projet sont M.Adama Bocoum et Madame Sanankoua Oumou Cissé. Tous deux issus de familles djeninké, ils nous ont élertés sur la précarité des manuscrits. Dans le but de mieux connaître ces ouvrages, de les présenter et d’évaluer les travaux nécessaires, Maison de Sagesse a, par l’intermédiaire d’Adama, acquis une vingtaine d’ouvrages durant l’année 2013.

RÉALISATIONS

Les manuscrits de Djenné ont été présentés au musée La Fontaine de Château-Thierry du 17 juin au 14 juillet 2015. L’inauguration a débuté par une conférence sur l’héritage littéraire des peuples sahélo-sahariens donnée par Ismail Warscheid, docteur à l’EHESS, ainsi qu’une conférence sur l’importance patrimoniale des manuscrits par Samir Khairallah, responsable du secteur littérature arabe à la BNF. Un débat nourri a suivi en relation avec l’actualité en Afrique subsaharienne. L’exposition présentait, auprès d’une douzaine de manuscrits, des panneaux didactiques avec une scénographie composée de tentures et d’objets maliens.

Responsable de mission : Yannick CHAMPAIN 
Partenaire : l’architecte André STERN

 

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